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Tag: Women and Work

Journée d’étude InCIAM / OBERT

Femmes et travail : reconfigurations d’une relation narrative

La relation entre les femmes et le monde du travail est une relation complexe et multiforme qui, au fil du temps, a été définie (et continue d’être redéfinie) non seulement en termes matériels et économiques, mais aussi à un niveau discursif et symbolique. Si « l’économie redevient une dimension politique et relationnelle dans laquelle le langage joue une fonction constitutive, à travers l’acte premier de nommer et de négocier le sens des besoins » (Giardini 2017), la voix des femmes représente toujours une perspective subordonnée qui est plus que nécessaire pour comprendre les processus de transformation dans le monde du travail (Ventura 2018).

Sur la base de la dynamique intersectionnelle décrite par Nixon dans Slow Violence and The Enviromentalism of The Poor (2011), la relation entre les récits hégémoniques, souvent masculins, et les perspectives minoritaires s’inscrit dans la dynamique plus large de la domination et de l’invisibilité. La prix Nobel Claudia Goldin (2023) parle depuis longtemps d’une « révolution silencieuse », « réalisée par des individus qui ignoraient faire partie d’une transformation majeure » de la société et du monde du travail, aboutissement des différentes phases de l’émancipation identitaire et économique des femmes au cours du 20e siècle (Goldin 2006).

Dans Forces of Reproduction, en reprenant la pensée de l’écoféminisme matérialiste, l’historienne environnementale, Stefania Barca affirme que « les femmes forment la grande majorité du prolétariat mondial (c’est-à-dire des dépossédés et des exploités du monde) – une classe de travailleurs dont les corps et les capacités productives ont été possédées par le capital et les institutions capitalistes ». Si les nœuds relationnels – les entanglements selon la physicienne Barad (2007) – constituent la matérialité du monde du travail, « l’écoféminisme matérialiste nous aide à voir l’écologie des communautés de travailleurs » (Barca 2020).

Enfin, silencieux était également le printemps 1962, date de la publication de l’œuvre Silent Spring de la biologiste Rachel Carson, qui, en avance sur son temps, a reconnu les risques environnementaux de l’hyperproductivisme capitaliste. Si on réfléchit sur l’importance du langage pour la critique de la culture d’une société, on constate l’insistance, bien que polysémique, du champ sémantique du silence autour du thème de la femme et du travail.

Pour cette raison, la relation entre les récits de travail, les questions de genre et l’urgence écologique est le thème central de notre journée d’étude. Les deux trajectoires différentes mais croisées que nous étudierons, de manière synchronique ou diachronique, sont : d’une part, les modalités et les formes de la représentation culturelle du travail des femmes et, d’autre part, l’analyse des voix des femmes (écrivaines, réalisatrices, journalistes, artistes) qui ont traité du travail, que ce soit en tant que thème ou en tant qu’élément métanarratif, dispositif narratif ou objet d’étude théorique.

L’année 1945 est fixée comme le terme post quem, début d’une phase de transformation de la société et de l’économie européennes, avec toutefois des différences significatives entre les différents pays du continent. Dans ces coordonnées temporelles et spatiales, nous souhaitons engager une réflexion interdisciplinaire et transmédia sur les représentations artistiques qui explorent la relation entre le thème du travail et la perspective féminine, en mettant en évidence ses formes, ses thèmes et ses structures. La journée d’étude a pour but de rassembler une première série de cas d’étude, potentiellement extensibles, dans lesquels les voix des femmes peuvent occuper à la fois la place du sujet représenté ou le rôle du sujet qui prend la parole, d’artiste qui observe et représente le monde du travail à partir d’une perspective minoritaire et, potentiellement, alternative.

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OBERT Symposium – Women and Work: Reframing a Narrative Relationship

Aix-Marseille Université, 10 – 11 June 2024

The relationship between women and the world of labour is a complex and multifaceted one, which has been defined and continues to be redefined over time not only in material and economic terms but also on a discursive and symbolic level. If « the economy returns to being a political and relational dimension in which language plays a constitutive function, through the primary act of naming and negotiating the meaning of needs » (Giardini 2017), the voice of women still represents a subordinate perspective that is extremely necessary for understanding the processes of transformation in the world of labour (Ventura 2018).

According to the intersectional dynamics described by Nixon in Slow Violence and The Environmentalism of The Poor (2011), the relationship between hegemonic, often masculine, narratives and minority perspectives is inscribed within the broader dynamics of domination and invisibilities. Nobel Prize Claudia Goldin (2023) has described a « quiet revolution », « accomplished by many who were unaware that they were part of a grand transformation » of society and labour, which has led to various phases of women’s identity and economic emancipation during the 20th century (Goldin 2006).

In Forces of Reproduction, echoing the materialist ecofeminist philosophy, environmental historian Stefania Barca states that « women form the large majority of the global proletariat (i.e. of the dispossessed and exploited of the world) – a class of labourers whose bodies and productive capacities have been appropriated by capital and capitalist institutions ». If relational « entanglements » – from Barad’s (2007) quantum physics terminology – constitute the materiality of the world of labour, « materialist ecofeminism helps us to see the ecology of workers’ communities » (Barca 2020).

Finally, also the spring of 1962 was silent: at that moment Rachel Carson, a biologist ahead of her time, published her seminal work, Silent Spring, in which she denounced the environmental risks of capitalist overproduction. Reflecting on the importance of language for critiquing the culture of any society, the insistent, albeit polysemic, presence of the semantic field of silence around the theme of women and work is evident.

This conference investigates two different but intersecting trajectories, both synchronically and diachronically: on the one hand, the modes and forms of representing women’s labour, and on the other hand, the voices of women (writers, directors, journalists, artists) who have dealt with labour, both as a theme and as a metanarrative element, as a narrative device or as an object of theoretical study.

1945 is fixed as the post quem term. Albeit with significant differences, 1945 can be considered as a period of profound transformation for European societies and economies. Within these temporal and spatial coordinates, we aim to initiate an interdisciplinary and transmedia reflection on artistic representations that explore the relationship between the theme of labour and the female perspective, highlighting its forms, themes, and structures. With this conference, we intend to gather an initial survey of case studies, where the voices of women can occupy both the place of the represented theme and the role of the speaking subject—an artist observing and representing the world of labour from a minority and potentially alternative perspective.


We encourage submission across different cultural contexts:

– thematic critique on the relationship between the theme of labour and female perspectives;

– role and forms of the female authorial voice;

– intersectionality on ecology, labour and gender issues;

– transmediality in the creation and interpretation of works;

– postcolonial criticism and migration.

Contributions are welcome in English, French and Italian, as the languages of communication during the conference.

You are invited to send an abstract of max. 350 words, followed by a bio-bibliographical note of max. 100 words to the following email address: carlobaghetti@gmail.com, irene.cecchini@univ-amu.fr, francesca.nardi11@unibo.it, by 31 March 2024.

A notification of acceptance will be forwarded by the 3rd of April.

Each paper will consist of a 20-minute presentation, followed by a 10-minute discussion.

Scientific and organising committee:

Carlo Baghetti (LEST/CNRS)

Irene Cecchini (Aix-Marseille Université INCIAM, CIELAM/LPC)

Francesca Nardi (Università di Bologna)